Quand la ville dort

Cette nouvelle fait partie du recueil "Tu es Julie ", publié à l'automne 2008 par les éditions Marchand de feuilles. Pour cette raison, seul un extrait du texte est présenté ici. L'intégralité sera accessible... en achetant le livre ;-)

Parfois, quand la ville dort, je veille.
La nuit entière peut s'écouler sans que je trouve le sommeil. Debout derrière ma vitre, les bras le long du corps, à contempler la rue vide. Ou couché nu, sur la galerie, les yeux perdus dans les étoiles. Ou encore marchant sans fin le long de rues vides et sombres qui disparaissent, l'une après l'autre, de ma vue puis de mon souvenir.
Je trouve que je n'ai pas mérité ça...
(...)

Parfois je descends dans les bas-fonds. Je me laisse aller à profiter de ma rage, de ma douleur et de mon exaspération. Je provoque, j'insulte, je me bats. Les voyous en quête de pugilat ne me font jamais défaut, c'est une espèce qui n'est pas près de disparaître ! Parfois, il est vrai, je vais trop loin. Je frappe trop fort. Mais dans la rue - dans ce genre de rues ! - il n'est point de règles, point de limites. Ou plutôt si. Il y a une règle : tout est permis. Et une limite : l'envie de frapper, de déchirer, de tuer. Une limite qu'à ce jour je n'ai jamais réussi à atteindre. Dommage pour ceux qui croisent ma route, ces soirs-là.
(...)

Montréal, 13 octobre 2004

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